A propos d'Andante Moderato
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Photo Joelpat avec l'aimable autorisation de Joël - Tous droits réservés
Merci Joël
Y aura-t-il encore des matins, des jours et des nuits ? Y aura-t-il d'autres aurores et d'autres crépuscules ? Des lumières éclatantes, d'autres crépusculaires ? Des sons et des couleurs ? Des images bleues de glace, blanches de neige ou dorées de soleil ?
Y aura-t-il encore les nuits percées de goélands aux ailes argentées d'éclats de
lune ?
Y aura-t-il toujours le vent, le sable et l'eau ? Le bruit des vagues, le tumulte du torrent, le chant du ruisseau ?
Y aura-t-il encore le bleu de la lavande, le rose des bougainvilliers, le blanc du jasmin ? Le parfum des fleurs mêlé parfois à celui des algues ?
Y aura-t-il encore les terrasses des cafés et les bruits des marchés ? Des chats assoupis, roulés en boule à l'ombre d'un buisson ardent ? Ou jouant avec les flocons d'une neige inconnue ? Qu'y aura-t-il, là-bas ?
Y aura-t-il l'absence ? Des matins tendres, des journées douces, des soirées alanguies, des nuits secrètes ?
Y aura-t-il encore la peinture pour parler de la vie et conter des histoires ?
Y aura-t-il toujours la musique, une mélodie qui transporte, un instrument qu'on caresse, des sons qui naissent, des notes qui s'envolent ? Y aura-t-il encore la musique avant toute chose ?
Y aura-t-il des discussions passionnées ? Des échanges dans les rires, des affrontements dans la douleur ? Des silences nécessaires ? Des malentendus ? Des retours en douceur ? Des fuites et des peurs ?
Y aura-t-il des mots pour dire et pour traduire ? Pour traduire le bonheur ou pour dire la douleur ? Pour révéler la joie, pour voiler la tristesse ?
Y aura-t-il ce que nos yeux perçoivent et l'envers du miroir ? Ce que l'on montre et ce que l'on tait ? Ce qu'on laisse deviner ou ce qui nous échappe ? Y aura-t-il des couloirs, blancs, nus, sans fin ? Des bruits, connus et inconnus, des bruits que l'on redoute, d'autres que l'on attend ? Des voix familières et des mots-pansements ?
Y aura-t-il une issue ? Un point de non-retour ? Une envie de lutter, une tentation de fuir ? Un désir de partir, et puis de se dissoudre ? Un besoin de s'enfuir et de n'être plus là ? Y aura-t-il le courage, y aura-t-il la force ? Ou bien la lassitude puis le renoncement ?
Y aura-t-il la cruauté de la douleur, le bonheur de l'apaisement ? Ou juste quelques marches pour tomber dans l'abîme ? Le repos du sommeil, le répit d'une conscience endormie ? Y aura-t-il le réveil, ou plus jamais de jour ? La nuit plus que le jour ?
Comment sera là-bas, cette terre inconnue ? Il m'a semblé, ce jour, accoster son rivage. Au détour d'un
couloir.
En complément de ce texte, un cadeau bouleversant reçu de mon ami Paul de Savalan. Merci Paul, merci.
ton
corps
comme le mien
a quelque chose en lui,
(blotti)
qui l e p e n s e
Il nous dit que nous sommes
mais d’où nous parle-t-il ?
Est-ce à nous qu’il s’adresse ?
Parfois je l’entends qui murmure
je suis cette poussière d’êtres d’où naissent les étoiles.
Tes questions me harcèlent brûlées par tant de vents
au soleil confondues
ta fragilité me meurtrit de son ombre
au velours impalpable
Ta silhouette est dressée que la mer en son sable défait,
Mais ton corps pourtant
de ses replis fauves à jamais emplit mon regard.
Tu es la sculpture des temps
et les vagues
et les dunes
dont les répétitions disent et redisent ta beauté accomplie.
Le remuement de tes heures
immobiles parfois
dessine un cadran aux zigzags imprévus
immuables devenirs aux coups de dés perdus
Toi, toujours, de ta main grave au sang impénétrable
tu lances sibylline des cubes incertains
Tes questions les emportent
là-bas, où tous déjà nous sommes.
Comblés par ton visage tous les miroirs se taisent
ils savent les réponses
leurs reflets se sourient
leurs tains se dissipent
ils entrouvrent leurs éclats
mais ce n’est qu’en secret qu’ils te montrent et te disent
ce qui plus tard, bien plus tard, toi et moi nous attend.
Vos traces